L’EI(TT)
est une structure juridiquement autonome qui peut prendre tout type
de statut commercial, à l’exclusion de l’Entreprise
Individuelle et du statut d’artisan.
Comme
les autres Structures d'Insertion par l'Activité Economique
(SIAE), l’EI(TT) a vocation d’insérer par
le travail des personnes en grande difficulté, de
leur apporter le savoir-vivre, le savoir-faire, les compétences
nécessaires pour accéder, dans les meilleures conditions,
au marché de l’emploi classique ; l’EI(TT) n’étant
pas pour elles une fin en soi, mais un tremplin, un sas.
Il
existe un rapport étroit entre l’activité économique,
outil au service de l’activité sociale, qui elle-même
ne pourrait exister sans le support de l’activité économique.
Pour
ce faire face à sa mission d’insertion, l’EI(TT)
a des obligations de moyens (mise en place de parcours d’accompagnement,
encadrement technique, etc.), si elle n’a pas des obligations
de résultat (l’embauche effective des personnes en insertion
à la sortie). Le législateur a considéré
que ces obligations étaient pour l’EI un handicap sur
le marché concurrentiel et lui alloue donc, après une
procédure de conventionnement, une aide financière destinée
« à compenser la faible productivité des personnes
en insertion et le surcoût d'encadrement, ainsi qu'à
financer l'accompagnement social et professionnel. » (Circulaire
DGEFP n° 99-17)
Inscrites
sur le secteur marchand, les EI, même sous statut associatif,
sont assujetties à toutes les obligations légales et
fiscales des entreprises (Taxe professionnelle, Impôts sur les
sociétés, Impôts Forfaitaire Annuel, T.V.A.) et
appliquent les prix du marché.

Le conventionnement:
Après dépôt de la demande au CDIAE et avis favorable,
la structure est amenée à signer une convention avec
l’Etat qui lui permet :
· de prendre l’appellation d’Entreprise d’Insertion
(par le Travail Temporaire),
· de toucher un financement forfaitaire en contrepartie d’un
engagement de l’entreprise, qui réside en la réalisation
d’un ou plusieurs équivalents temps pleins annualisés
destinés à l’embauche de personnes en insertion.
Le conventionnement porte sur une année, voire 3 ans à
condition que la viabilité économique soit clairement
établie. Le reconventionnement intervient au vu de la cohérence
et des résultats de l’entreprises sur les aspects structurels,
économique, insertion et financiers présentés.
Chaque année, l’EI peut donc perdre son statut.
L’aide
aux postes d’insertion:
Ce financement forfaire annuel est basé sur la notion d’Equivalent
Temps Plein (ETP), lié à la durée collective
du travail (39 heures/semaine ou 35 heures/semaine) ramené
à 1 an. En recevant ce financement, l’EI s’engage
à embaucher des personnes en grandes difficultés, dont
le cumul des périodes de travail représentera 1 ETP
sur 1 année. C’est ce qu’on appellera le Réalisé,
à la différence du Conventionné, qui est un prévisionnel.
Si les ETP réalisés sont inférieurs au nombre
de postes d’insertion conventionnés, le financement sera
proratisé. Le montant forfaire perçu est de 9681 €
par an et par poste d’insertion.
Le
contrat de travail:
Chaque personne en grande difficulté embauchée par l’entreprise
d’insertion et ayant l’agrément de l’ANPE,
bénéficie d’un contrat de travail dont les particularités
et dérogations sont inscrites dans le Code du Travail.
· Ce contrat, que l’on définit comme Contrat à
Durée Déterminée d’Insertion est un CDD
dont la durée maximale est portée à 24 mois.
· L’employeur peut signer avec le même salarié
1 contrat principal + 2 avenants, toujours dans la limite de ces 24
mois
· Il n’y a pas de délais de carence à respecter
· L’employeur n’a pas à verser de prime
de précarité
L’objet
d’une EITT est l’embauche,
la rémunération et l’accompagnement de personnes
en difficulté, mises à disposition d’une entreprise
cliente, ce provisoirement, pour une tâche précise et
temporaire non liée à son activité usuelle.
L’EITT signe donc deux contrats : un contrat de mise à
disposition du salarié avec l’entreprise utilisatrice,
et un contrat de mission avec le salarié intérimaire.
Ce dernier diffère du contrat de mission « classique
» dans sa durée, qui peut être portée à
24 mois au lieu de 18 mois.
L ’EITT est assujettie à toutes les obligations
légales et fiscales des entreprises de travail temporaire classiques,
en particulier la déclaration préalable à l’inspection
du travail et l’obtention d’une garantie financière.
A distinguer du capital social, la garantie financière est
un capital bloqué sur un compte qui sert à régler
les salaires des intérimaires, en cas de défaillance
de paiement. En 2004, celle-ci s’élève à
93987 € minimum (Décret n°2004-598 du 23 juin 2004)
et est réévaluée chaque année à
8% du chiffre d’affaire.
Cette garantie ne peut être validée que par l’engagement
de caution pris par une société de caution mutuelle,
un organisme de garantie collective, une compagnie d’assurance,
une banque ou un établissement financier habilité à
donner caution. Un fonds spécifique pour les EITT a été
créé : le FGMEII (géré par le CNEI), qui
peut être adossé à la caution professionnelle
EITT gérée par France Active.
Le
conventionnement:
L'aide au poste, contrairement aux EI, concerne les postes
d’accompagnement. Ce financement, annuel, est versé
dans la limite d’un poste d’accompagnement pour douze
salariés en insertion ; le calcul s’effectue sur la base
de la notion d’Equivalent Temps Plein. Elle est proratisée
en fonction de la durée annuelle du poste d’accompagnement
et du nombre d’ETP en insertion mis à disposition dans
l’année.
Ainsi, une ETTI ayant réalisé 65520 heures de mises
à disposition dans l’année aura droit à
une aide correspondant à : [65520/1820 (35 heures x 52 semaines)/12
(1 poste subventionné pour 12 ETP) ] = 3 postes d’accompagnement.
La subvention dédiée au financement d’un poste
d’encadrement est de l’ordre de 22 415 € par an et
par poste d’insertion. Au 1er juillet 2005, cette aide devrait
être réévaluée à 51 000 € par
an et par poste.

L’Entreprise
d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire a pour
objet spécifique l’insertion de personnes en difficulté par l’exercice
d’une ou plusieurs activités économiques concurrentielles, dans
le secteur marchand.
En utilisant l’espace de l’entreprise, avec ses contraintes, ses
droits et devoirs, ses impératifs de production et de qualité, elle
permet d’organiser la restructuration humaine, sociale et professionnelle
de personnes se trouvant en situation de marginalisation et d’exclusion.
L’Entreprise d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire
se définit tout à la fois par :
- Le public accueilli
- Son projet social
- Son
fonctionnement
- Son
adhésion à la présente charte.
1-
Le public
L’Entreprise
d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire est une
entreprise qui s’adresse à des personnes qui connaissent des échecs
répétés, cumulent des difficultés sociales et professionnelles. Ce
public fait l’objet d’une prescription sociale.
Les salariés en insertion dans ces Entreprises sont des hommes et
des femmes, jeunes et adultes, qui connaissent des difficultés particulières,
obstacles à leur démarche de requalification sociale et professionnelle.
2-
Son projet social
L’Entreprise
d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire au travers
d’une pédagogie appropriée et d’un accompagnement social et professionnel
individualisé a pour objet :
- De
favoriser les confrontations et les acquis d’expériences indispensables
à la progression des personnes ainsi qu’à leur retour à une autonomie
d’existence, à une citoyenneté
- De
permettre la validation de leurs acquis et la construction de leurs
projets personnels et professionnels
- D’offrir un accès direct et construit au monde de l’entreprise
L’Entreprise
d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire s’engage
à mettre en place des outils sociaux et professionnels adaptés. La
mise en œuvre de ce projet implique la production d’un bilan social
faisant clairement apparaître les résultats d’insertion, l’accès à
l’emploi, à la formation, le parcours d’insertion, l’évaluation de
l’évolution des situations sociales et professionnelles.
L’Entreprise d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire
s’engage à entrer dans le processus de labellisation des pratiques
sociales mis en œuvre par la Fédération Nationale, et défini par le
label « Qualirei ».
3- Son
Fonctionnement
L’Entreprise
d’Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire produit
des biens et/ou des services et son activité est exercée selon la
législation en vigueur avec les mêmes règles, les mêmes droits et
la même rigueur que toute entreprise inscrite dans le secteur marchand.
Les
salariés ou intérimaires en insertion sont employés dans cette entreprise
pour une durée déterminée. Leur emploi fait l'objet d'un contrat de
travail et leur rémunération est déterminée en référence à ce contrat
et conformément au droit commun de la législation du travail. Ceux-ci
sont encadrés par un personnel qualifié.
Avec
les personnes qu’elle salarie, l’Entreprise d’Insertion par la Production
ou le Travail Temporaire met en œuvre des parcours d’insertion cohérents,
ascendants et temporaires, fondés et organisés sur la mise en situation
de travail. Elle assure ainsi à la fois une fonction de « requalification
sociale », de « requalification professionnelle de base » et de médiation
ou de « passerelle » vers l’emploi.
Les
recettes de l'Entreprise d'Insertion par la Production ou par le Travail
Temporaire proviennent de son chiffre d'affaire lié à sa production
et à la commercialisationde biens et/ou prestations de services.
La
rémunération liée à la mission d'insertion par l'économique est négociée
au niveau local, régional, national ou européen, auprès des pouvoirs
publics, collectivités locales et/ou auprès des organismes privés.
Elle permet de financer:
-Leurs
prestations d’insertion sociales et professionnelles,
- le surencadrement
nécessaire à la réalisation de leur mission
- la forte rotation des effectifs
dans l’entreprise d’insertion
- les accompagnements socio-professionnels
nécessaires à l’insertion de leurs salariés dans l’emploi durable
L’Entreprise
d'Insertion par la Production ou par le Travail Temporaire s'engage
à susciter et développer une coopération en cohérence avec les dispositifs
extérieurs concourant aux mêmes objectifs.
De ce fait, elle s’inscrit dans un double partenariat social et
professionnel au sein des territoires où elles agissent au travers
de relations souvent contractualisées avec les acteurs sociaux,
éducatifs et économiques, les branches professionnelles et les chambres
consulaires.
4-
L’adhésion à la Charte
Les Entreprises d'Insertion par la Production ou par le Travail
Temporaire adhérent aux Unions Régionales (UREI et URSIE) dans le
plein respect des droits et devoirs adoptés par la Fédération. Elles
s'engagent à respecter la présente charte et à communiquer à leurs
Unions Régionales toutes indications leur permettant d'apprécier
la bonne adéquation entre les résultats obtenus et les buts fixés.